Pendant longtemps, l’étiquette électronique de gondole a eu une proposition de valeur très simple : supprimer le papier et automatiser les changements de prix. Les derniers chiffres de Vusion montrent que cette définition est devenue trop étroite.

À la fin du premier semestre 2026, VusionCloud gérait 522 millions d’étiquettes électroniques connectées, contre 220 millions un an plus tôt. Les revenus de services à valeur ajoutée ont progressé de 39 % à 125 millions d’euros, et leur composante récurrente a bondi de 73 % à 61 millions.

C’est ce deuxième chiffre qui mérite le plus d’attention.

Une fois le rayon connecté, le retailer peut y brancher beaucoup plus qu’un prix : localisation de produits, préparation de commandes, tâches opérationnelles, vision par ordinateur, campagnes de retail media. Vusion pousse précisément dans cette direction avec EdgeSense, Captana et son projet d’acquisition d’In-Store Media.

Cette stratégie transforme progressivement l’ESL en point d’entrée d’une plateforme magasin.

Le risque est évident. Plus un retailer concentre de fonctions sur la même infrastructure, plus la question du verrouillage technologique devient importante. Les API, la portabilité des données et la capacité à faire cohabiter plusieurs fournisseurs deviennent aussi stratégiques que la durée de vie d’une batterie.

Mais l’échelle atteinte change le débat. Avec plus d’un demi-milliard de terminaux connectés, le rayon numérique n’est plus une expérimentation périphérique.

Pour Vusion, le défi sera de prouver que les services logiciels peuvent croître durablement autour de cette base installée. Pour les retailers, la question est désormais de savoir qui opérera cette couche physique de données dans leurs magasins.

Le futur de l’étiquette électronique ne se joue donc plus sur l’étiquette. Il se joue sur tout ce que le magasin peut faire une fois le rayon devenu adressable.